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Résumé

À l'échelle mondiale, le VIH (ou virus de l'immunodéficience humaine) s’est rapidement propagé depuis les années 80, constituant un enjeu de santé publique majeur. Le développement des antirétroviraux a fait évoluer cette pathologie de maladie mortelle à maladie infectieuse chronique. Pourtant, cette pathologie continue de soulever de nombreux débats au sein de la communauté scientifique. 

Cet intérêt scientifique pour l'épidémie s’explique non seulement en raison du nombre de personnes concernées, mais aussi parce qu’elle soulève des enjeux sociaux majeurs, notamment de stigmatisation et de discriminations. 

 

 

En effet, si la stigmatisation des porteurs du virus aux débuts de l’épidémie est aujourd’hui largement critiquée, l’héritage du VIH fait encore l’objet d'avancées institutionnelles récentes, comme par exemple pour les conditions d’accès au don du sang pour les hommes ayant des relations homosexuelles. 

Cette épidémie, aujourd’hui stabilisée, a ainsi durablement marqué la santé publique, transformant à la fois les pratiques médicales, les politiques de prévention, et les relations entre institutions, professionnels de santé et associations. 

 

Dans ce contexte, de nouvelles stratégies ont émergé. Elles visent à simplifier les parcours, diversifier les modalités de dépistage, renforcer la proximité et l’accessibilité des dispositifs.  Ces stratégies constituent autant d’innovations organisationnelles créées en réaction à des investissements politiques, médicaux et citoyens. On peut citer par exemple les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic, mais aussi l’introduction et la diffusion de la PrEP ou encore des dispositifs de télé expertise. La diversité des champs touchés par ces innovations représentent autant d’objets de recherche potentiels pour des spécialités comme l’épidémiologie, la médecine, la sociologie, les sciences de l’implémentation, l’histoire, les sciences politiques et l’économie de la santé. Ces croisements invitent à des approches pluridisciplinaires afin d’aborder ce problème de santé publique.

 

 

Cependant, malgré la mise en place de stratégies/dispositifs des barrières persistent quant à la possibilité qu’ont les populations concernées d' y accéder. Des études récentes ont montré que les personnes ayant initié la PrEP en France étaient majoritairement des hommes, d’âge moyen 36 ans (ET 11,8), vivant majoritairement dans de grandes zones urbaines et disposant d’une situation financière confortable. Cette modalité de prévention n’est qu’un exemple des inégalités d’accès qui traversent les populations concernées par le VIH. En effet les populations les plus éloignées du système de soins – jeunes précaires, personnes migrantes, travailleurs du sexe, hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, habitants des zones rurales – demeurent confrontées à des obstacles organisationnels, financiers, territoriaux ou symboliques. En d’autres termes, les innovations organisationnelles, bien qu’essentielles, peinent encore à résoudre certains des problèmes structurels de l’accès équitable aux soins.

 

 

Les causes de ces problématiques d’accès sont multiples, et comprennent notamment les stigmates, le manque de coordination entre institutions (nécessité approche de soins collaborative et multidisciplinaire), ou encore la question de priorisation des services.

 

 

C’est dans cette perspective que le séminaire propose de questionner la capacité des innovations organisationnelles à améliorer l’équité d’accès aux soins en santé sexuelle, et plus précisément dans le contexte du VIH. Il s’agira de discuter non seulement des avancées permises par ces transformations, mais aussi des limites rencontrées et des défis qui restent à relever. Les échanges s’articuleront autour de plusieurs axes et regards portés par plusieurs disciplines de santé publique.



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